APPRENTISSAGE : quelques repères à connaître

APPRENTISSAGE : quelques repères à connaître

Publié le 20-12-2017

APPRENTISSAGE : quelques repères à connaître


Nul n’ignore la volonté actuelle <1> de développer à marche forcée l’apprentissage, quitte à imposer souplesse, voir contorsions à l’Éducation nationale. Voici quelques repères pour comprendre le contexte.

Rappelons d’abord que le SNALC est la seule organisation syndicale à ne jamais s’être opposée à l’apprentissage. Rappelons aussi que certaines formations du secteur industriel ont pâti du passage au bac pro en trois car elles ont ainsi perdu une grande partie de leurs effectifs constitués d’apprentis dont les contrats d’une durée de deux ans sont devenus incompatibles avec le nouveau cursus. La situation dans le tertiaire est notoirement différente.

Aujourd’hui, le développement de l’apprentissage dans les EPLE passe par la mixité des parcours ou des publics dans les établissements scolaires <2> , tout particulièrement dans les filières tertiaires. Ces modalités y sont expérimentées. Liberté est donc laissée aux chefs d’établissement d’organiser cette mixité. L'apprentissage constituant un important levier de carrière aux yeux de leur hiérarchie et une source de rémunération supplémentaire pour eux-mêmes <3>, certains ne lésinent pas sur les moyens : du recrutements d’apprentis via des annonces publiées sur « Leboncoin » en passant par une Indemnité pour mission particulière (IMP) « relation entreprises » ou un demi-poste d’assistant chef de travaux dédié uniquement à l’apprentissage au détriment des élèves sous statut scolaire.

Et tout cela pour obtenir, parfois, un taux de réussite au bac inférieur à celui des élèves sous statut scolaire…

Dans le cas de la mixité des parcours, les enseignants sont volontaires et rémunérés selon des indemnités horaires pour l’apprentissage clairement définies notoirement supérieures aux taux de la formation scolaire: 36,87 € pour les niveaux V et VI, 43,22€ pour le niveau bac et 54,93€ en BTS.

En revanche, dans le cas de la mixité des publics, rien n’est officiellement prévu et c’est bien notre crainte !

Nous savons déjà que la sélection drastique qui prévaut pour l’entrée en apprentissage exclut un pourcentage important du public de la voie professionnelle infra Bac. Par ailleurs, neuf régions sur treize ont déjà repoussé, à titre expérimental, la limite d’âge pour le contrat d’apprentissage à 30 ans. De surcroît, la volonté de sécurisation des parcours alliée à un taux de rupture des contrats d’apprentissage d’environ 30% pourraient à terme conduire les PLP à intervenir devant des divisions mixtes accueillant des individus de 15 à 30 ans. Enfin, les débats sur l’allocation de la Taxe d’Apprentissage, au cœur de la réforme de la formation professionnelle, pourraient bien aboutir à une perte importante de financement pour les lycées professionnels.

Face à ces transformations, on mesure aisément les enjeux de la définition de nos obligations réglementaires de service (ORS). Le SNALC sera particulièrement actif pour défendre les conditions de travail et la rémunération des enseignants.


Une note d’optimisme néanmoins ! Depuis l’ouverture des négociations sur la réforme de la formation professionnelle, les entreprises ont clairement réclamé des jeunes sachant lire, écrire, compter, et accessoirement assidus et ponctuels. Il semblerait que notre ministère ait entendu leur demande. En effet, la réforme du Cours Préparatoire mise en œuvre à la rentrée 2017 nous permettra d’espérer, dans 10 ans, des lycéens maîtrisant les compétences de base.

Le SNALC a toujours été favorable à l’apprentissage, mais pas dans n’importe quelles conditions : ni au détriment des élèves, ni au détriment des professeurs. Il défendra toujours la qualité de la formation dispensée et son caractère national.

Valérie LEJEUNE
PLP GA Académie de Versailles

<1> Edouard Philippe veut un accord avant fin janvier sur l'apprentissage
(http://www.lejdd.fr/politique/edouard-philippe-veut-un-accord-avant-fin-janvier-sur-lapprentissage-3483998)
<2> Mixité des parcours : année(s) sous statut scolaire + année(s) en apprentissage en 1+2 ou 2+1. Mixité des publics : élèves sous statut scolaire + apprentis (voire stagiaires de la FP) mélangés dans 1 même division.
<3> (Cf. BO N°9 du 02/03/2017)