Baccalauréat gestion-administration : turbulences à prévoir !

Baccalauréat gestion-administration : turbulences à prévoir !

Publié le 20-12-2017

Baccalauréat gestion-administration : turbulences à prévoir !


Un groupe de travail du Conseil National Education Economie porte sur le secteur tertiaire. Il s’est finalement centré sur le baccalauréat professionnel gestion-administration (bac GA) et a proposé au ministre lors de la séance plénière du 13 décembre quelques pistes d’amélioration pour ce baccalauréat qui résulte d’une fusion entre les baccalauréats professionnels secrétariat et comptabilité. Cette fusion, intervenue en même temps que le passage du bac pro à trois ans, a occasionné la suppression d’un poste sur trois pour les professeurs de secrétariat et de comptabilité.

Or, on constate que ce sacrifice n’a servi à rien puisque ce nouveau baccalauréat insère aussi mal, voire encore plus mal dans l’emploi que ses prédécesseurs et permet difficilement une poursuite d’études.


La disparition de l’enseignement de la comptabilité et des lacunes très importantes, voire abyssales, dans les compétences de base (lire, écrire et compter) des élèves orientés dans cette voie, rendent difficiles l’acquisition des compétences attendues par les entreprises pour les métiers du secrétariat et de l’assistanat. Bien évidemment pour les raisons précitées, des études supérieures sont aussi difficilement envisageables. Quant au passeport professionnel, mis en œuvre avec l’application Cerise Pro, inspiré par la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), il relève de l’usine à gaz et accroît spectaculairement la charge de travail des professeurs sans bénéfice aucun pour les élèves. Ce qui n’a rien d’étonnant. Autant, il semble cohérent de demander à des adultes expérimentés de rattacher les compétences acquises à des points de référentiel pour justifier la délivrance d’un diplôme, autant cette démarche s’avère absurde lorsqu’elle est appliquée à des jeunes, par nature inexpérimentés, et revient à demander aux élèves d’apprendre le référentiel du diplôme.

Les solutions envisagées sont des plus diverses. On s’oriente à la fois vers une « coloration » possible sous forme de mention complémentaire ou avec d’éventuelles options assorties d’épreuves d’examen telles que le tourisme ou les métiers liés à la gestion spécifique de la paie ou des retraites (secteur mutualiste et sécurité sociale,…). On analyse dans cette optique les couplages possibles avec des titres et certificats de qualification professionnelle. On envisage bien sûr un renforcement des capacités dans le domaine de la « digitalisation », mot magique qu’on sert dans tous les domaines, sans grande précision !

Mais on examine aussi des solutions qui consisteraient à réduire le flux vers ce secteur où l’emploi à la sortie du bac est très limité. La création d’un bac pro « animation » est envisagée. On découvre d’ailleurs que cette création avait été sollicitée par le secteur concerné il y a plusieurs années mais avait fait l’objet d’un refus catégorique du Ministère. Plus original encore la création d’une mention complémentaire après bac pro qui permettrait d’aboutir au brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS), la création d’un bac pro sport et d’une filière sport en tant que telle en collaboration avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports.

Le SNALC a néanmoins fait observer que les professeurs des disciplines professionnelles de ce bac ont déjà fait des sacrifices extrêmement importants et on s’accorde sur le fait que la question des ressources humaines constituera le facteur limitant de ces évolutions. On convient dans ce cadre que la mise en place de mentions complémentaires présenterait l’avantage d’amortir la diminution du nombre de postes tout en permettant aux élèves d’acquérir la maturité dont ils manquent tant en raison de l’interdiction du redoublement et de la réduction d’une année du bac pro.

Le SNALC veillera à ce que des solutions respectueuses des professeurs soient trouvées au niveau national comme dans chaque académie.

Valérie LEJEUNE-LAMBERT et Anne-Marie LE GALLO-PITEAU (membre du CNEE)
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