SPORT ET EPS, LE RETOUR AUX DERIVES ET AUX AMALGAMES ?

SPORT ET EPS, LE RETOUR AUX DERIVES ET AUX AMALGAMES ?

Publié le 09-11-2017

SPORT ET EPS, LE RETOUR AUX DERIVES ET AUX AMALGAMES ?


Alors que le gouvernement, en réunissant le 16 octobre dernier un comité interministériel de concertation regroupant les Ministres de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et des Sports, envoie un signal très fort et exceptionnel en direction de la jeunesse, de la pratique physique et des métiers du sport, surgissent parallèlement des contradictions, des amalgames et de nouvelles dérives à l’égard de l’EPS.

La perspective des JO de 2024, organisés par ville de Paris, qui va mobiliser la nation toute entière durant les 7 années à venir, conjuguée à l’engorgement et aux dysfonctionnements contradictoires de la filière STAPS, fleuron de la formation universitaire en la matière, sont 2 paramètres de l’équation que le gouvernement s’attache à résoudre dans l’urgence.
D’un côté, l’horizon 2024 va créer un important d’appel d’air en direction de la pratique sportive, fait social et culturel déjà majeur dans notre pays. C’est l’objectif de fédérer 3 millions de pratiquants supplémentaires qui est annoncé et qu’il faudra encadrer dans des secteurs d’activités multiples et renouvelés. C’est ce qui encourage la réflexion et la concertation actuelle autour des métiers du sport, ouvertures potentielles mais aussi prometteuses en matière de lutte contre le chômage.
De l’autre côté, la filière universitaire des STAPS, victime de son attractivité, devrait faire peau-neuve dans le recrutement des étudiants et l’augmentation des capacités d'accueil et d’encadrement. Une diversification complémentaire des débouchés est prévue avec la création supplémentaire d’un BTS articulé à un possible bac pro « métiers du sport » annoncé par JM. Blanquer. Le SNALC, favorable aux formations diplômantes à Bac +2, a accueilli positivement cette mesure, à la condition qu’elle offre des débouchés spécifiques et ne rentre pas en concurrence avec des formations déjà existantes.

Devant une telle effervescence, malgré cette volonté (louable ?) de mise en synergie trifide autour de la pratique physique et sportive, des formations et des débouchés, comment comprendre ou interpréter le refus de réintroduire la prise en compte spécifique de l’EPS, réclamée de façon collégiale, dans la nouvelle version du DNB ?
Quel signal est envoyé aux professeurs, aux élèves et aux familles ? Comment justifier et accepter une telle mise en valeur du sport en rejetant celle de l’EPS ?

En utilisant l’EPS comme espace de promotion de l’Olympisme, de formation à la pratique et à la consommation lucide de loisirs et de spectacles sportifs, de créations de vocations de pratiquants et de cadres, sans lui assurer la reconnaissance certificative qui lui est légitime, ce n’est pas seulement faire preuve de négligence ou d’incohérence. Ce serait tout simplement un abus. Car c’est encore vassaliser et inféoder l’EPS au sport. C’est encore méconnaître et entretenir la confusion entre deux formes de pratique physique bien distinctes dont les apports ne sont pas subordonnés mais complémentaires. C’est enfin malmener les efforts d’une profession engagée depuis plus de 50 ans dans la quête et la construction de son identité disciplinaire.

Laurent Bonnin, Secrétaire national à l’EPS

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