RÉMUNÉRATION: LES MAUVAISES NOUVELLES VOLENT EN ESCADRILLE

RÉMUNÉRATION: LES MAUVAISES NOUVELLES VOLENT EN ESCADRILLE

RÉMUNÉRATION :

LES MAUVAISES NOUVELLES VOLENT EN ESCADRILLE


Par Frédéric ELEUCHE, secrétaire national aux Personnels administratifs et de santé
Article paru dans la QUINZAINE UNIVERSITAIRE - #1408 - SEPTEMBRE 2017






En ce début d’année scolaire, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour les fonctionnaires que nous sommes, professeurs, adjoints, secrétaires, attachés d’administration, assistants de service social, conseillers techniques de service social, infirmières. Qu’on en juge….


En juillet 2017, M. Darmanin, ministre des comptes publics, annonce le retour du jour de carence à compter du 1er janvier 2018.

Il annonce également le gel du point d’indice qui a été déjà augmenté le 1er août 2016 et le 1er février 2017, mais il ne dit rien sur l’application de la relative revalorisation entraînée par le P.P.C.R. : que deviendront la classe exceptionnelle ? les augmentations de traitements annoncées pour 2018, 2019 et 2020 ?

L’augmentation de la C.S.G. de 1,7 % pour les fonctionnaires et les retraités, ce qui représente en réalité une augmentation de 25 % puisqu’on passe de 7,5 % à 9,2 % pour les actifs et de 6,6 % à 8,3 % pour les retraités; certes, le gouvernement a précisé que ne seraient touchés que les retraités « aisés » mais on ne peut qu’être scandalisé quand on apprend que le gouvernement classe les retraités aisés parmi ceux qui touchent plus de 1 200 euros par mois ; certes, il laisse entendre maintenant qu’une partie des retraités ne sera assujettie à cette hausse qu’au-delà d’une pension de 1 350 euros. Nous attendons la suite ; on rappelle en passant que Michel Rocard qui a créé la C.S.G. en avait fixé le montant à …1,1 %.

L’on se souvient que M. Macron, candidat à la présidence de la République, avait annoncé son intention de réformer de façon systémique le régime des retraites, par la suppression des 35 régimes de retraite et la mise en place pour tous y compris les fonctionnaires d’un régime à la suédoise, encore appelé « comptes notionnels » Il vient de confirmer par la nomination de M. Delevoye au poste de haut-commissaire aux retraites. Le SNALC connaît bien M. Delevoye qui, en tant que ministre de la fonction publique, avait en 2003 mis en place la principale réforme des retraites en 2003. Nous avions réussi à lui arracher le rachat de nos années d’études pour compenser notre entrée tardive dans la fonction publique. Mais lorsqu’il se fut agi plusieurs mois après le vote de la loi du 21 août 2003, d’en connaître les modalités, ce fut la plus amère des déceptions, car malgré les promesses faites en public, le montant du rachat se révéla monstrueusement excessif. C’est pourquoi nous ne pouvons qu’être très dubitatifs lorsque le président nous dit en mars 2017 qu’il ne touchera ni à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions. Il se trouve qu’en Suède, modèle annoncé, l’âge de la retraite est déjà de 67 ans !

Quant aux fonctionnaires en activité, le gouvernement avait dit que, comme pour les travailleurs du privé qui recevraient une compensation par la réduction des charges sociales, ils bénéficieraient de compensations qu’il était incapable de détailler. Aux dernières nouvelles, il promet une compensation intégrale, mais toujours sans pouvoir la détailler, puisque les fonctionnaires ne paient pas de charges sociales. Il met en avant les 800 millions d’euros d’augmentation des traitements issue de la mise en place du P.P.C.R. décidée par le gouvernement du précédent quinquennat.

La G.I.P.A. prolongée par décret d’habitude en avril ou juin a disparu du moins jusqu’à cette date ; le gouvernement ne l’a pas évoquée, pas même pour expliquer qu’il n’a pas renouvelé le décret annuel.

Le versement pour la pension civile passe le 1er janvier 2018 de 10,29 % à 10,56 %. Toutes ces mesures, toutes ces annonces signifient clairement une baisse du pouvoir d’achat pour tous les fonctionnaires à compter du 1er janvier 2018. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement laisse entendre qu’il pourrait disjoindre les trois fonctions publiques dans les augmentations salariales. Par exemple, un point d’augmentation d’indice pourrait ne pas être un point dans chacune des fonctions publiques.

Cela vous suffit-il ? Encore, encore, cela fait tellement de bien quand ça s’arrête !


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