Bilan alarmant

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Les chiffres

La voie technologique concerne 320 000 élèves, soit un peu plus du tiers des lycéens. Grossièrement on peut diviser la voie technologique en une dominante production STI + STL (10 % des élèves) et une dominante service STG + ST2S (24 % des élèves). Si les effectifs diminuent légèrement dans la voie technologique en général depuis ces 5 dernières années on constate toutefois qu'ils ont tendance à augmenter dans les services alors qu'ils diminuent du côté de la production.

8 options de secondes sont à profils technologiques (IGC, ISI, ISP, PhCh labo, SMS, Bio labo, MPI, Arts). Elles regroupent près de 210 000 élèves soit 41 % des effectifs de seconde mais elles génèrent les parcours les plus disparates et au final la majorité des élèves qui ont pris une option à profil technologique s'orientent quand même vers la voie générale.

La voie technologique c'est aussi 240 000 étudiants inscrits en STS (1/3 dans des spécialités de production et 2/3 dans les spécialités de services avec une majorité dans les formations commerce, vente, comptabilité).

Le constat

Nos collègues de l'enseignement technologique sont fortement inquiets sur le devenir de la voie technologique. Un certain nombre d'indicateurs ne les rassurent pas du tout :

- La réforme de la voie professionnelle qui a aligné les cursus sur trois années de formation et élargi les champs professionnels couverts par les diplômes qui deviennent de fait plus généralistes. La voie professionnelle devient un sérieux concurrent pour la voie technologique !

- La fermeture de nombreux CAPET depuis plusieurs années et les projets des futurs concours de recrutement qui envisagent des épreuves communes entre les CAPET et CAPLP laissent présager à terme une fusion de ces derniers.

- Une réforme de la voie technologique abandonnée en cours de route pour être intégrée voire repensée dans le projet de réforme globale du Lycée.

- Des lycées généraux et technologiques qui se transforment de plus en plus en lycées généraux. Force est de constater que dans de nombreux établissements on ferme des sections technologiques pour ouvrir des sections "S" plus pour répondre aux attentes des familles qu'aux besoins réels de formation sur les bassins d'emplois. On s'éloigne de plus en plus des analyses des schémas régionaux des formations !

- Trop souvent les rectorats ferment des sections technologiques où il y a de faibles effectifs alors que paradoxalement elles offrent des débouchés.

- Des surnombres disciplinaires touchent essentiellement les disciplines de la voie technologique, surtout les STI, et entraînent beaucoup de collègues à enseigner une autre discipline sans espoir ou alternative pour eux dans l'avenir.

A ces inquiétudes légitimes s'ajoutent :

- Des problèmes liés à l'orientation scolaire, qui amène de plus en plus d'élèves à choisir la voie technologique par défaut.

- La discipline technologie au collège qui se cherche encore et qui, parce qu'elle n'est pas suffisamment orientée sur un enseignement pratique, ne joue pas son rôle de palier d'orientation attractif pour la voie technologique.

- Une absence de liens et contacts avec le monde des entreprises dans les cursus de la voie technologique. Au collège il y a des stages de découverte des métiers puis après plus rien jusqu'au BTS.

- Le peu d'offres dans les plans académiques des formations pour la formation continue des collègues de la voie technologique qui de fait rencontrent des difficultés à se former aux évolutions des métiers à caractères technologiques.

- Trop d'élèves en BTS issus de la voie professionnelle peinent à s'adapter et abandonnent en cours de route leur formation.

Les réformes abandonnées

La réforme des différentes filières technologiques avait été initiée en 2005 par la série STG puis SMS pour s'interrompre brutalement en 2007 au niveau des séries STI et STL. Pourtant le travail en la matière de la part de l'inspection générale était terminé et les consultations des programmes en ligne par les collègues avaient été initiées.

Toutefois, il en ressort que ces réformes des filières STG et SMS étaient ambitieuses en termes de compétences, que les élèves ont du mal à s'accrocher et que les évaluations ne sont pas réellement adaptées (sous évaluation) par rapport aux exigences attendues.

Du côté des STI, la réforme prévoyait une réduction des formations à 6 spécialités. Actuellement le ministère semble vouloir en réduire encore fortement le nombre. Le SNALC attire l'attention sur la réduction drastique des formations dans ces filières qui s'accompagnerait inévitablement d'une forme de saupoudrage des connaissances dans chaque domaine tout en dénaturant la spécificité d'un enseignement qui deviendrait trop théorique.

Le SNALC dénonce les retards de la réforme qui deviennent de plus en plus préjudiciables, les effectifs d'élèves en STI s'étiolent. Il est paradoxal que les filières STI, premier palier de formation débouchant vers des métiers dits technologiquement de pointe, soient encore basées sur des programmes qui datent des années 90.

De manière générale le SNALC s'étonne et a dénoncé le manque d'information et de dialogue de la part du ministère sur cette réforme de la voie technologique, et s'inquiète de l'absence de toute forme de revalorisation pour la voie technologique.

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