Le SNALC dans La LETTRE DE L'EDUCATION : des réformes pensées...

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Le Monde : La LETTRE DE L'EDUCATION



La Lettre 900.n°900
21 novembre 2016




Jean-Rémi Girard :

« Le Snalc veut des réformes pensées pour améliorer la pédagogie »



Jean-Rémi Girard est professeur de français en collège, vice-président du Snalc (Syndicat national des lycées et collèges)



Le Snalc a tenu congrès à Paris fin octobre. Comment va-t-il ?
Le Snalc ne s’est jamais aussi bien porté. Nous avons battu notre record d’adhérents, au-delà des 10 000 aujourd’hui, et continuons de progresser. Nous sommes de moins en moins confrontés à cette étiquette de « syndicat de droite », qui commence à se décoller. Beaucoup de monde dans le système éducatif se rend compte que nous sommes un syndicat de propositions, et que les nôtres sont sérieuses et intéressantes.

Votre projet éducatif reprend le thème de la « réussite pour tous ». Doit-on comprendre que vous êtes hostile à la sélection précoce ?
Tous les élèves n’ont pas les mêmes capacités. C’est un postulat de base, mais ce n’est pas lié à leur contexte social, économique ou culturel. L’école devrait justement corriger les inégalités et non les renforcer comme elle le fait parfois. Pour cela, les élèves le plus en difficulté doivent disposer de plus de temps, de meilleures conditions d’étude et de parcours diversifiés. La réussite, ce n’est pas tout le monde en master 2, c’est que chacun puisse aller au maximum de ses capacités. Nous proposons de créer les conditions pour que tous les élèves, quel que soit leur point de départ, y parviennent. Et si certains vont dans une voie professionnelle, celle-ci ne doit pas être dévalorisée. Mais nous ne proposons aucun nouveau palier d’orientation. C’est bien à la fin du collège que ce type de choix doit intervenir. En revanche, nous proposons un collège modulaire qui permettrait soit de mieux se préparer à la voie professionnelle, soit de prendre le temps d’accéder dans de bonnes conditions à la voie générale et technologique.

Vous tenez pour « acquis » que « tous les élèves sont scolarisés jusqu’à 16 ans dans une structure unique ». Mais vous préconisez d’y « créer des parcours sans instaurer des filières ». Quelle différence ?
Une filière voudrait dire que les élèves sont séparés, dans des classes différentes. Des parcours diversifiés, cela signifie que les élèves les plus en difficulté, à partir de la 5e, seraient réunis en groupes -en français, mathématiques et première langue vivante- mais resteraient dans les mêmes classes pour les autres disciplines. On garde le groupe-classe, avec son hétérogénéité, tout en permettant un renforcement pour certains, en fonction des problèmes qu’ils rencontrent. Aujourd’hui, au collège, ces élèves-là sont noyés dans la masse et ne s’en sortent pas. Ils auraient ainsi trois ans pour faire, dans de bonnes conditions, le même programme que les autres en deux. Quant à ceux voulant aller en 2de générale et technologique, on leur permet de récupérer en 3e ce qu’ils n’ont pas acquis, grâce à une sorte de redoublement qui ne serait pas le redoublement classique, mais une mise à niveau. A notre sens, ce serait le meilleur moyen d’obtenir des réussites dans la voie générale et de mieux préparer à la voie professionnelle. Nous avons aujourd’hui des classes de 2de en tension, avec des écarts énormes et certains élèves complètement perdus. Cela se répercute ensuite sur la voie technologique où, de plus en plus, sont dirigés des élèves dont on ne sait pas quoi faire.

Vous pensez que la « classe traditionnelle » devrait être « complétée par d’autres modes de fonctionnement » ? N’est-ce pas typiquement « pédagogiste » ?
Personne n’a le monopole de la pédagogie. Nous pensons que c’est un domaine où le Snalc a toute sa part. Nous voulons des réformes pensées pour améliorer la pédagogie et non, comme cela se passe aujourd’hui, pour résoudre des questions administratives. On nous dit : faites de l’accompagnement, des projets, etc., mais c’est souvent pour gérer les pénuries dans certaines disciplines ou pour que le chef d’établissement s’arrange dans la répartition de la dotation horaire. Nous voulons que le professeur reste le maître d’œuvre de son enseignement. Dans le collège modulaire que nous préconisons, avec des groupes à effectifs réduits et plus de temps pour couvrir le programme, il y aurait beaucoup plus de possibilités d’expérimenter sur le plan pédagogique afin de voir ce qui fonctionne le mieux.


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