Le SNALC sur Atlantico: Réforme des lycées bien mal partie

Le SNALC sur Atlantico: Réforme des lycées bien mal partie




Réforme des lycées



Pourquoi la réforme des lycées souhaitée par François Hollande est déjà bien mal partie


Par Jean-Rémi Girard - Publié le 2 Septembre 2016




Après l'école primaire et le collège, François Hollande a annoncé qu'il voulait réformer le lycée. Pour autant, le projet de réforme n'est pas des plus rassurants.




Atlantico : En déplacement à Orléans à l'occasion de la rentrée scolaire, François Hollande a déclaré qu'une réforme du lycée générale et professionnel était "la prochaine étape", après les rythmes scolaires et le collège. Alors que toute réforme de ce type peut sembler périlleuse pour chaque gouvernement, avec ses risques de mobilisations lycéennes, est-il réellement envisageable de débuter une telle réforme à l'aube d'une campagne électorale ?


Jean-Rémi Girard : Je suis convaincu que le ministère a déjà une réforme du lycée dans ses cartons, du moins dans ses grandes lignes. En revanche, il est peu probable que le chantier soit lancé juste avant l'élection présidentielle. On a déjà vu que la réforme du collège suscite, et ce pour d'excellentes raisons pédagogiques, un très fort rejet chez la majorité des professeurs : il n'est pas certain que le gouvernement ait envie de renouveler l'expérience. D'autre part, la précédente réforme date de 2010 : peut-être pourrait-on laisser un peu souffler les collègues avant de leur faire avaler de force une nouvelle louche de la même potion amère ?

Toutefois, après la présidentielle, il est très probable que l'on y ait droit, quelle que soit la couleur politique du président ou de la présidente élu(e). La technostructure du ministère fonctionne toute seule, et propose en la matière les mêmes réformes, que le gouvernement soit de droite ou de gauche. C'est une très belle illustration de la "réformite" dans l'Éducation nationale : les cadres du ministère ne cessent de réformer leur réforme précédente, empirant chaque fois un peu plus le fonctionnement de l'École.


Que pourrait annoncer le gouvernement dans cette nouvelle réforme du lycée ? Existe-t-il d'ores et déjà des pistes de travail en ce sens ? Quels effets pourrait-elle avoir ?

Jean-Rémi Girard : Le diagnostic est assez simple : on bat des records de réussite au bac… et le taux d'échec dans le supérieur, notamment à l'université, est colossal. La priorité serait justement de mieux préparer les élèves à ce qui se passe après le bac, et de redonner à ce dernier un rôle déterminant dans les choix de poursuite d'études. Cela passe par exemple par un système de majeures et de mineures dès la classe de seconde, qui permettra aux élèves d'acquérir de solides connaissances dans les matières qu'ils continueront par la suite. Il faut également arrêter d'éparpiller les horaires dans une multitude de dispositifs (accompagnement personnalisé, enseignements d'exploration, travaux personnels encadrés…) qui empêchent de se concentrer sur l'essentiel. Il convient enfin de bien définir les débouchés de la voie technologique et de la voie professionnelle. Dans cette dernière, les élèves les plus en difficulté doivent pouvoir faire des parcours en 4 ans, car ils en ont besoin pour raccrocher les wagons.

C'est autour de ces idées que mon syndicat, le SNALC, proposera avant novembre une réforme complète du système éducatif, de la maternelle à l'université. Car il ne faut pas se voiler la face : une part de l'échec au lycée a des causes profondes, et qui datent d'avant l'entrée en seconde



Jean-Rémi Girard,
Vice-président national du SNALC (2e syndicat de l'Éducation nationale et du supérieur)






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