SYSTÈME ÉDUCATIF CONCURRENTIEL

SYSTÈME ÉDUCATIF CONCURRENTIEL

SYSTÈME ÉDUCATIF CONCURRENTIEL



Les investisseurs américains d’il y a 15-20 ans ne s’étaient pas trompés et le SNALC s’était déjà fait l’écho de leur stratégie d’investissement dans le privé hors-contrat français.


Lisez d’abord l’article détaillé de La Tribune (lien ci-dessous), puis reprenez la suite de notre article.

http://www.latribune.fr/economie/france/l-eldorado-des-nouveaux-marches-de-l-education-550986.html


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Évolution mondiale ou non, vous venez de le lire, il s’agit bien ici de la chronique d’une mercantilisation annoncée et en voie de réalisation sur plus grande échelle.

Faut-il s’en plaindre ou au contraire l’applaudir ?

Le malheur de la France – pour ne parler que d’elle – est d’avoir développé l’idéal d’une école pour tous, gratuite, laïque (c’est-à-dire sans discrimination à caractère confessionnel), obligatoire jusqu’à un certain âge (qui a varié) et dont le but bien affiché était de donner à chaque jeune (donc aux filles aussi!) la culture, le savoir, le goût de l’effort et l’esprit critique afin d’ouvrir pour chacun une ou plusieurs voie de réussite dans la société.

Or, au lieu de pousser vers le mieux qualitatif, la massification du système a entraîné la recherche du moindre coût et l’on est ainsi entré dans le mythe du collège unique (Loi « Haby » 1974-75) avec son parcours unique vers un brevet des collèges unique retardant ainsi tout début de diversification, du reste repoussé depuis déjà longtemps en fin de seconde « indifférenciée ».

Ce petit rappel pour expliquer que nombre de familles, lassées du nivellement inexorable malgré les efforts de nombreux professeurs, se sont tournées vers des solutions de substitution : l’enseignement privé catholique sous contrat attire bien au-delà des familles catholiques pratiquantes bien qu’il soit tenu d’assurer un enseignement conforme à la législation et à la réglementation ; l’enseignement confessionnel totalement privé se développe aussi, mais pas encore aussi vite que l’enseignement privé non confessionnel.

En un mot : plus le public s’affaiblit, plus le privé se renforce sous ses diverses formes.

Bis repetita : Faut-il s’en plaindre ou au contraire applaudir ?


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La France se rapproche ainsi des pays anglo-saxons dans lesquels l’enseignement public n’est généralement pas aussi coté que l’enseignement privé. Par exemple, en Grande-Bretagne, c’est très majoritairement le privé qui propose le latin, le grec, l’allemand, le français… et qui scolarise environ 40% des élèves. Les autres… vont dans le public et c’est tout.

« Autrefois » les élèves issus de milieux populaires pouvaient se réaliser « grâce à l’école ». Les exemples sont tellement nombreux qu’il n’est pas utile d’insister. Aujourd’hui, de plus en plus souvent, ceux qui savent (souvent acteurs du système éducatif) et qui peuvent (certaines écoles sont coûteuses), orientent stratégiquement leurs enfants. Nous avons quitté l’idéal d’autrefois parce qu’il n’existe plus que dans des discours creux et hypocrites et parce que l’offre privée se montre souvent efficace.

Il n’est pas question ici de critiquer les parents qui recherchent le meilleur parcours scolaire et universitaire pour leurs enfants, quitte à consentir des sacrifices (tout en continuant à payer des impôts pour les autres), ni non plus les établissements privés, sous contrat ou non, dont les qualités permettent au système de ne pas s’écrouler, pas encore.

Cependant, il faut bien constater que dans la nouvelle jungle éducative concurrentielle se développe un climat d’individualisme parfois exacerbé (« chacun pour soi »), ou de renoncement (« bof, de toute façon… ») et de plus, au sein de cette jungle, l’enseignement privé catholique sous contrat d’association ne tiendrait pas longtemps si l’État lui imposait un fonctionnement rigoureusement identique à celui de l’enseignement public (voir article suivant sur le « hors-contrat »).

Le collège unique et son cortège d’effritements successifs, puis le projet de « réforme du collège » promis pour le 1er septembre 2016, placent et placeront beaucoup d’élèves en situation d’échec social ne serait-ce qu’en raison des toujours plus nombreux diplômes sans grande valeur reconnue qui leur seront attribués. Ceux qui ont vraiment besoin de l’école pour tracer leur chemin dans la société sont trahis dès qu’ils ne peuvent plus accéder à un enseignement de qualité, dispensé dans le calme et la sécurité. Cette seule observation de bon sens explique le choix de nombreuses familles.

Alors : on se plaint ou on applaudit ? Ni l’un ni l’autre. Le SNALC et le SNE font des propositions concrètes (voir sur le site national) pour l’école, le collège, le lycée – que les ministères successifs ne semblent pas vouloir considérer et donc faute de mieux les familles, les élèves et aussi les professeurs effectuent les choix qu’ils peuvent.

Le SNALC demande et redemande que l’on renonce aux folies égalisatrices et au nivellement par le bas, générateurs des pires inégalités, et que la refondation du système demandée et proposée par le SNALC voit enfin le jour ! Toutes nos propositions sont sur notre site.


Hervé Garlet
Contact : prive@snalc.fr
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