Enseignement catholique sous contrat : plus loin que la ministre ?

Enseignement catholique sous contrat : plus loin que la ministre ?

Enseignement catholique sous contrat




L’enseignement catholique sous contrat est-il plus vallaud-belkacémien que la ministre elle-même, selon la vieille expression « plus royaliste que le roi » ?




Que signifie l’allégeance de Pascal Balmand ?

Il faut décrypter le discours pour mieux le comprendre, surtout le non-dit :

- Son appel à « dépasser les luttes partisanes, les anathèmes radicalisés et une certaine forme d’excessive grandiloquence », à « s’extraire de la bataille rangée » (Le Monde de l’Éducation 18/05/15) etc. lui confère une posture quasiment gaullienne au-dessus des partis et des factions, auréolée du calme et de la sérénité recherchés par les parents qui de toute façon ne sont pas très nombreux à y voir clair dans cette affaire de réforme. Ils attendent de l’Enseignement catholique sous contrat prioritairement la garantie d’un havre de paix, de sécurité et de climat de travail pour leurs enfants. Bref : une excellente pub. Pourtant, il s’en défend : « Mon soutien à la réforme du collège ne se fonde sur aucun calcul marketing » (La Croix 19/05/15). Ce n’est peut-être pas convaincant mais son discours rassurant plait aux parents…

- L’autonomie accrue des établissements lui convient d’autant mieux qu’il s’agit en réalité de l’autonomie des chefs d’établissement et certainement pas de celle des professeurs; si le chef d’établissement est un prince éclairé (revoir les philosophes du XVIIIème siècle) tout ira bien, cela n’a d’ailleurs rien de rare. Mais dans le cas contraire ?

- « Paroles, paroles » chantait Dalida. La plupart des établissements privés catholiques sous contrat (Pascal Balmand ne parle pas des autres) sauront bien évidemment se donner les moyens d’effacer discrètement certaines des misères de cette « réforme » : ils trouveront des heures pour le latin et le grec ancien, l’allemand, l’italien (et même l’anglais et l’espagnol pas si choyés qu’on pourrait le croire); éviteront de confier la physique-chimie au professeur de technologie et vice-versa, tout en ménageant les apparences, réussiront à maintenir un peu de soutien…

Conclusion ? Pascal Balmand veut éviter la contestation dans l’enseignement privé car cette même contestation dans le public effraye bien des parents qui seront d’autant plus tentés par le privé ; il a bien appris les leçons du Ministère : « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Exemple récent: la « dictée quotidienne » dont les médias se sont fait l’écho et dont il n’est question nulle part dans les nouveaux programmes du premier degré malgré la récente intervention du SNALC au Comité Technique Ministériel, superbement ignorée par les soutiens syndicaux et politiques à Mme Vallaud-Belkacem !

Il sait qu’il suffit de tenir un discours bien-pensant pour se mettre à l’abri des actuels décideurs. Autre subtilité : quel que soit le résultat des prochaines élections présidentielle et législatives, il peut parier que les pédagodingues resteront aux manettes et qu’il vaut donc mieux miser sur leur maintien en place et leur faire risette pour avoir la paix pour longtemps. Si toutefois un quasi-miracle se produisait et si toute cette volaille pédagotapée se trouvait dispersée à la faveur d’un changement d’orientation, il lui serait bien évidemment toujours loisible d’affirmer qu’il a (discrètement) anticipé sur l’évolution.

Mais quand même : pour ne pas trop en faire dans le sens de la flagornerie de façade qui permet certaines libertés bien réelles, il ne manque pas de ressortir la polémique – au demeurant tout à fait justifiée – relative à « l’effacement du Christianisme dans la construction de la culture etc. ». Ah mais !


contact : Hervé Garlet
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